TOUT A COMMENCE EN 1985

TOUT A COMMENCE EN 1985



































Cette année là, j'avais 15 ans. J'habitais depuis ma naissance, dans le quartier de la Bergeonnerie Est, à Tours. Je connaissais tout le monde dans la résidence et je faisais partie d'une bande. La BANDE de la Bergeonnerie Est. Il faut savoir qu'il existait deux Bergeonnerie. La Est et... la Ouest. Là, il y avait aussi une bande. Bien entendu, en lisant entre les lignes, on s'aperçoit que nous détestions l'autre Bergeonnerie. Un petit bois séparait les deux quartiers et en était la frontière infranchissable pour les deux camps adverses. Qu'un des protagonistes s'aventurait au delà de cette limite et c'était « sa fête ». La Mairie, face à cette petite guerre, a décidé qu'il serait bon de construire un petit fort, dans ce bois. Quelque chose de ludique, une vraie représentation de ces forts que l'on voyait dans les films de cow-boys. Un endroit dans lequel nous pourrions jouer, nous réunir... fraternellement. Grosse erreur. Nous réclamions la légitimité de cet édifice et ceux de la Ouest aussi. Nouvelle raison de se battre. Non, sans plaisanter, même si nous n'étions que des pâles copies des gangs américains, nous avions tout de même le sens du territoire. Evidemment, aujourd'hui tout a changé dans ces quartiers. Il y a même des « transfuges »... Les temps changent. Je suis intarissable sur l'histoire de ces quartiers, ; alors, pour en revenir à nos moutons, sachez qu'il existait : Les Bergeonneriestiens et les Bergeonnerieoustiens. Je faisais partie de cette bande, depuis 1 an et nous avions fait les 400 coups. Chacun de nous, possédait une mobylette. La mienne était rouge, bleue et chrome: un 103 MVL. Très viril cyclo... Les après-midi des week-end, nous passions notre temps à les nettoyer, les réparer, les tuner ( le terme de l'époque, était : customiser). Nous avions notre QG, un hall de bâtiment dans lequel nous nous réunissions que ce soit avant une « expédition » dans d'autres quartiers ou simplement pour nous retrouver. C'était aussi un endroit stratégique, puisque de là, nous pouvions voir arriver les Bergeonnerieoustiens qui venaient acheter leurs paquets de cigarettes. Car, autre précision, le seul centre commercial à 2 kilomètres à la ronde, était chez nous et il comportait un bar-tabac. Drôle de se dire qu'il fallait vraiment avoir envie de fumer pour oser y venir. J'en ai même vu courir. Si, si.
Dans la bande, il y avait parfois une fille : CM. Elle nous côtoyait depuis quelques temps déjà mais était plus jeune que nous, que moi. Deux ans de moins ; ça compte quand on est adolescent. CM était très proche de RV, tout comme lui l'était d'elle. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé ce jour là, mais j'ai eu un coup de foudre. Enfin, pas un coup de foudre, plutôt une révélation. Bien que nous nous voyions à chaque fois que nous nous retrouvions dans ce hall (elle habitait dans le bâtiment), depuis pas mal de temps ; je me suis aperçu ce jour là que je la trouvais... très « à mon goût ». Un terme péjoratif, mais qui reflète parfaitement mon ressenti d'alors. J'ai trouvé qu'elle avait un très beau sourire, un très beau regard. J'aimais sa façon de parler, de ne pas se laisser faire par les gars de la bande ; j'aimais la voir évoluer discrètement autour de nous. Elle m'impressionnait très souvent et pourtant, il m' en fallait. Je l'ai observé durant pas mal de temps. Je voulais être sûr de la nature de mes sentiments si soudain...

Moi, j'avais 13 ans et j'étais collégienne. Un vrai garçon manqué ! Je faisais partie de cette bande j'habitais donc à la Bergeo Est. J'étais bien souvent avec les 3 principaux, JL, RV, et PB, que des garçons...
Je n'avais pas toujours la permission de sortir très tard le soir, alors je discutais souvent à la fenêtre de ma chambre au 2éme étage. Mon bâtiment devenait de plus en plus le QG.
Pour ne pas me faire attraper par mon père à parler tard le soir à la fenêtre, je discutais par l'intermédiaire d'une ficelle ; j'y accrochais un bout de papier et je la remontais et descendais pour avoir des réponses.
La plupart du temps, j'étais avec RV qui me connaissais depuis l'enfance. RV était amoureux de moi ; moi pas.
Dans la bande, il y avait JL (rien que de l'écrire j'ai le c½ur qui s'accélère) il avait 15 ans...
Je ne l'avais pas remarqué parce qu'il avait de très beaux yeux bleus ! , non, mais pour son sens des responsabilités, sa maturité malgré son âge et son côté protecteur et mystérieux.
A l'époque, la bande s'habillait souvent en chemise à carreaux noire et blanche et moi à carreaux noire et rose.
Nous étions vraiment un clan : les Bergeonneriestiens comprendre : les habitants de la Bergeonnerie Est...et la guerre était déclarée contre la bergeonnerie ouest et quiconque pénétrait dans le territoire Est était en territoire ennemi.

La bande était à mobylette, JL avec son 103 MVL rouge et bleu, casque au bras, était vraiment « craquant ».
Pendant 1 an, je l'ai observé....frôlé.... jamais de prise de tête.
Parfois, nous passions des après-midi et des soirées tous ensembles dès que je le pouvais.
La manière de faire restait la même : vers 21h00/22h00 les garçons sifflaient à ma fenêtre de façon remarqué et discrètement j'entrouvais ma fenêtre pour leur parler.....
J'étais timide dans mes gestes et dans mes regards....regards furtifs avec JL et s'attardant l'un sur l'autre -en silence -

Nous nous parlions peu, tout était dans le ressenti, mon c½ur battait plus vite quand je le voyais, je n'osais pas toujours le regarder droit dans les yeux.
Nous ne restions pas souvent seuls, JL et moi, rapidement la bande se formait en bas de mon bâtiment...dans un sens tant mieux car je n'osais pas réellement commencer une conversation, par peur d'être banale, de bafouiller et de paraître ridicule.
J'étais amoureuse de lui et je n'osais pas le lui dire....je confiais ce secret à ma meilleure amie de l'époque, L.H.

# Postato domenica 07 dicembre 2008 15:02

Modificato lunedì 02 novembre 2009 06:50

ET PUIS UN JOUR DE 1986...

ET PUIS UN JOUR DE 1986...
16 ans. Quelques mois sont passés. J'étais toujours dans cette bande et en étais l'un des leaders. La guerre entre les deux quartiers était toujours là elle aussi. D'autres quartiers étaient devenus nos ennemis. Nous ne faisions plus beaucoup de bagarres dans notre territoire, mais nous allions chez les autres, pour différentes raisons. La bande s'était agrandie ; des gars d'autres endroits venaient la grossir. Des types sans attaches de clans, habitants dans les zones pavillonnaires proches de la Bergeonnerie. CM est là elle aussi. De plus en plus présente parmi nous et... dans mon c½ur. Cette fois, je savais que j'étais amoureux d'elle. Mais je ne savais pas si je devais le lui dire, car elle était si fragile, si timide. Moi je n'étais qu'un bagarreur, un loubard de boulevard. Je voyais tant de choses belles en elle, que je ne me décidais pas à avouer mes sentiments de peur de la « casser », de l'abîmer... Je n'avais jamais ressenti ça auparavant. Comment faire ? La meilleure idée qui m'apparue fut celle d'en parler à quelqu'un de proche, un bon pote de la bande bien sûr : RV. Je me suis dit qu'il était proche de moi et d'elle ; qu'il saurait peut-être me convaincre de lui dire et qu'il savait peut-être si elle partageait mes sentiments. A ce propos, j'ai su déceler quelques regards ou sourires venant droit de son c½ur, mais rien ne me laissait espérer qu'elle était amoureuse de moi.
Alors, j' en ai donc parlé à ce copain... Le souci c'est que lui aussi avait flashé sur elle. Il a mal pris le fait que je lui dise que j'aimais CM et m'a demandé de... lui « laisser ». Dur. Comme je l'ai dit : il était un bon pote. Il m'a demandé de lui faire la promesse de ne pas tenter de sortir avec elle et de lui laisser sa chance. J'ai promis. L'une des pires erreurs de ma vie. En bref, je n'ai pu dire à la belle de mon c½ur, à mon ange que j'étais très amoureux d'elle. Je me disais que de toute façon, elle serait là toute sa vie et que j'aurai tout le loisir de Tout lui avouer. J'étais sûr que RV ne lui plaisait et ne lui plairait jamais.Je ne devais pas lui dire que je l'aimais ; pas la laisser détecter quoi que ce soit dans mon regard.

]Un jour où tout s'était embrouillé dans ma tête.....Le regard de JL si chaleureux sur moi changea. Il devînt froid, distant, indifférent. Je le sentis loin si loin de moi...
Je ne savais pas, à ce moment là, comment faire pour le rattraper...Je ne le comprenais pas. Je ne le comprenais plus. J'avais froid en moi...j'avais cru entrevoir un intérêt vis à vis de moi et là plus rien ! A part la froideur de ses yeux bleus sur moi.
J'ai pensé que plus jamais je ne ferais confiance à des yeux de cette couleur...qu'ils étaient des menteurs, des fourbes...et que plus jamais on ne m'y reprendrait.....la guerre était déclarée aux yeux bleus !!!

Le temps passa...et j'ai le souvenir d'un jour en particulier...J'étais derrière le rideau de ma fenêtre et là j'ai entendu JL siffler à la fenêtre de ma meilleure amie, L.H. – ma meilleure ennemie –
« C'est fou comme si peu de choses peuvent vous éclabousser le visage tout d'un coup ».
Je venais de comprendre son indifférence des derniers jours vis à vis de moi, là, la douleur fut indescriptible....ma meilleure amie s'intéressait à mon amoureux, après toutes les confidences que je lui avais faites....trahison. Et lui, je lui en voulais parce qu'il s'était amusé de regards avec moi alors qu'il n'avait RIEN pour moi...
Quel beau sens de l'amitié m'avait donné L.H. ce jour là !

Hormis le fait que ce n'était pas la 1ére fois qu'elle me piquait mon petit ami, là c'était la fois de trop ! A la suite de cela, je ne lui ai plus jamais parlé, et elle savait très bien pourquoi !

Quant à JL, je m'étais promise qu'il le regretterait un jour, connaissant L.H. je savais qu'il serait vite déçue....

En attendant, il en manquait un dans la bande....une absence qu'il fallait accepter.
Je n'étais pas la seule à remarquer qu'il nous avait lâché.....

Il fallait bien vivre encore... Etre seul où pas... Je devais choisir et devant cet amour que je ne pourrais vivre, j'ai fait un choix. Je ne savais pas que CM m'aimait elle aussi en secret ; enfin presque en secret, puisque sa meilleure amie le savait. Le choix que j'ai fait ? Hé bien, pas le meilleur, puisque ce fut de sortir avec cette meilleure amie, sans savoir (à cette époque) qu'elles étaient si proches. Néanmoins, L.H habitait prés de notre QG et traînait souvent par là de plus je savais qu'elles étaient amies, alors pourquoi pas... Le fait qu'elles soient amies, me rapprocherais ( le croyai-je) de CM. Je ne me doutais pas que ce serait complètement l'opposé Je n'ai pas lâché la bande, j'ai pris un chemin différent, quelques temps, c'est tout. Quelques uns avaient déjà pris cette décision, avant moi ; le noyau dur s'était fragmenté. Me voilà sortir avec L.H, sans me douter du mal que cela occasionnait à ma CM. Cette relation n'a pas durée longtemps ; mais elle fût dévastatrice pour elle. Je n'en ai rien vu, rien su
...

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 09:36

Modificato sabato 03 ottobre 2009 06:58

MOIS DE JUIN 1986...

MOIS DE JUIN 1986...
Adieu ma CM... La voilà qui annonce à la bande, qu'elle va déménager.
Le choc ; les questions : « elle part ? », « pour toujours, certainement ? » ; « dois-je lui dire ce que je ressens ? ».
Le choc, les réponses : « impossible, inutile de lui dire que je l'aime. »
Elle partait sans le vouloir ; elle quittait notre résidence, notre bande, notre département, moi... Que pouvait-elle y faire ? Et moi ? Je n'avais pas le pouvoir de la retenir. Je devais accepter de vivre toute une vie en pensant à elle, en me disant que je ne la reverrais plus. Un peu avant son départ, elle m'avait donné une petite photographie, sortie d'un photomaton pour cette occasion où pour une autre. Ne m'avait donné aucune explication pour ce geste ; je ne lui avais rien demandé. Je savais que je ne la reverrais plus, mais grâce à cette photo, je savais que je la chérirai toujours au fond de mon c½ur. Une place spéciale l'y attendait. Je savais que je devrais désormais vivre avec mes regrets, avec mon désarroi, avec mon amour inavoué et perdu. Mais, elle partait et moi je restais. Quelques mois plus tard, sa photo si précieuse, si aimée et si usée par mes yeux, disparaîssait. J'avais définitivement perdu ce visage que j'aimais tant.


Début du mois de Juin.
J'avais 14 ans et demi.
Mes parents décidèrent de déménager en Sarthe, pleine campagne, la brousse quoi.
Je devais donc quitter la Bergeo.
Un déchirement. Un saignement de c½ur.
11 ans de franches rigolades.
Quitter mes écoles, mes repères, mes amis, la bande....JL. Ne plus le voir, l'entrevoir, l'apercevoir...ne plus l'entendre....
Je photographiais tout ce que je pouvais....je savais que je partais, les autres l'ignoraient encore. Je ne savais pas comment leur dire. J'avais mal de leur dire tout simplement.
Je donnais des photos de moi. Je prenais des adresses. J'ai donné une photo de moi à JL mais sans rien lui dire de mes sentiments. Sans même lui faire le moindre reproche.

Adieu Les bâtiments, le 2éme étage de ma chambre...le centre commercial avec en période de Noel son grand sapin aux ampoules bleues vertes et jaunes qu'on aimait bien piquer, la bibliothèque et ses travaux manuels, le terrain de jeux...les cabanes dans les buissons...mon hall....mes coins de r d v, le bois, le château fort, le pont, la prairie, le lac et les petits jardins, la piscine, le Cher, la Loire et tout le patrimoine de Tours.

Les garages, les caves, les mob, les bus, les voitures, les voisins, les voisines, les seaux d'eau qu'on nous balançait parce qu'on discutait trop tard en bas des bâtiments...les cris des enfants dans la cour de l'école....la bande et toujours et encore la bande....mon clan.....
Tout va tellement me manquer. Je vais aussi tellement en souffrir.



Adieu les garçons.
Adieu à mon enfance,
Adieu à mon adolescence et à la vôtre,
Adieu à tout ce que l'on a connu et partagé,
Adieu à tout ce qui n'aura jamais été et à tout ce qui ne sera plus.

Ma seule consolation c'était de ne plus entendre JL sifflait à la fenêtre de L.H. et de les voir se parler.

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 09:43

Modificato sabato 03 ottobre 2009 07:01

Suite

Amoureux Pourquoi ?


Un signe du temps
Je perd ma vie, j'oublie de mourir
Comme n'importe quel homme, un mec effrayé
Je garde mes souvenirs à l'interieur
D'un amour blessé

Mais je sais
Je suis plus que triste et plus aujourd'hui
Je mange les mots trop dur à dire
Une seule larme et je suis au loin
Au loin et partit

J'ai besoin de toi
Si loin de l'enfer, si loin de toi
Car le paradis est dur et noir et gris
Tu es juste quelqu'un qui part au loin
Tu n'as jamais dit au revoir
Pourquoi, amoureu pourquoi ?
Pourquoi les fleurs meurent-elles ?
Pourquoi, amoureux pourquoi ?

Tout le temps
J'entend ta voix, tu entends mon nom
Tu construis le feu, humidifie la flamme
Je nage pour la vie, je ne peux attraper la pluie
Pas de retour en arrière

J'ai besoin de toi
Si loin de l'enfer, si loin de toi
Car le paradis est dur et noir et gris
Tu es juste quelqu'un qui part au loin
Tu n'as jamais dit au revoir
Pourquoi, amoureux pourquoi ?
Pourquoi les fleurs meurent-elles ?
Pourquoi, amoureux pourquoi ?

Pourquoi, amoureux pourquoi ?
Pourquoi les fleurs meurent-elles ?
Pourquoi, amoureux pourquoi ?
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# Postato martedì 23 dicembre 2008 12:01

Modificato venerdì 25 settembre 2009 14:30

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# Postato martedì 23 dicembre 2008 12:16

Modificato venerdì 25 settembre 2009 14:30

LES ANNEES D'ERRANCE

LES ANNEES D'ERRANCE
Je ne sortais plus avec L.H. CM n'était plus là depuis quelques temps et je n'avais aucune nouvelle d'elle. RV ne m'a jamais dit qu'il avait ses coordonnées, ni qu'il correspondait tout les deux, de temps en temps ; LH ne m'a rien dit de cet amour que CM me portait. Je n'avais pas fait mon deuil, je pensais que je la reverrais un jour, au gré du temps. J'ai même parfois cultivé l'idée que ses parents reviendraient en Touraine et pourquoi pas ré habiteraient dans le même appartement. Je ne voulais pas croire que je ne reverrais plus sa petite frimousse ou simplement ne plus jamais la voir apparaître dans l'encadrement de sa fenêtre, après que nous l'ayons appelé. Alors, j'ai cru tout cela durant ces premiers temps de séparations. Bien sûr, mon amour pour elle, restait secret et le resterait à jamais ; à quoi bon le dire à qui que ce soit ? Rien n'aurait pu la ramener et entendre les autres me dire que j'avais été c.. de ne pas lui avoir tout dit, ça m'aurait fait plus mal que son souvenir. Alors oui, j'ai cru à tout cela. Durant toutes ces années, je suis passé maintes fois devant le bâtiment ; je suis allé dans ce hall, passer de longues soirées ; mais jamais je n'ai cessé ou oublié d'avoir une pensée pour celle que j'avais perdu.
La Bergeonnerie, la bande, n'avait pas changée ; le hall si. Qu'il était vide sans elle !

Après le déménagement pour la Sarthe, j'ai eu une correspondance avec RV pendant plusieurs années. Il m'avait donné les coordonnées de JL. Je n'ai jamais appelé. Il était avec une « autre » alors à quoi bon ? Il avait fait son choix.
Dans cet endroit, où j'allais tout de même en vacances, je me sentais parfois comme une étrangère. Je venais de la ville, eux étaient de la campagne. Y être pour les vacances étaient assez bien perçu par les voisins mais y habiter en + de cela avec une belle maison a attiré les courroux...Je m'y suis sentie seule...très seule.

A Tours, dans la bande, je me sentais aimée et protégée. Là, je me retrouvais seule... seule sans eux...fille devenue unique avec mes parents, mes s½urs étant restées à Tours...mon adolescence fut instructive.
J'ai fait quelques connaissances...je me retrouvais à prendre le car scolaire pendant 45 min pour aller au collège et je devenais demi-pensionnaire. Mon collège qui n'était auparavant qu'à cinq minutes de mon bâtiment.
Ma vie sentimentale fut chaotique...ma devise : pas de yeux bleus !

Un jour, j'ai rencontré un garçon, d'un village voisin, avec le recul je dirais qu'il ressemblait aux garçons de la bande, un blouson en jean, une mobylette bref... une histoire commença.

A 18 ans, je retournais à la Bergeo. Grand moment. Je vais chez mon copain Tony. Je passais devant le bâtiment de JL, je ne m'y arrêtais pas. Son visage...sa voix... ses yeux bleus !!

J'ai rendu visite à RV mais il n'était pas là et j'ai discuté un moment avec sa grand-mère Torine, qui était ravie de me revoir. Dommage, que RV n'était pas là ; je lui aurai peut-être demandé des nouvelles de J-L...

La bande continuait à exister ; nous étions même plus nombreux... paradoxalement. Ma vie est restée la même. J'avais bien sûr perdu CM, mais son souvenir était bien ancré au fond de moi. Un amour si secret qu'il en était quasi inexistant, aux yeux de tous. A cette époque, je savais déjà, ce qu'était la souffrance d'être séparé d'un être cher. Toujours est-il que je suis resté fidèle à notre quartier et à ce hall.

# Postato lunedì 08 dicembre 2008 10:01

Modificato lunedì 02 novembre 2009 07:18

LES ANNEES 90

LES ANNEES 90
Cette année là j'ai le choix de mon école professionnelle. Je choisis une école sur Tours mais malheureusement je ne suis pas prioritaire. Je suis contrainte de rester en Sarthe.
J'ai gardé contact très régulièrement avec mon copain Tony. Mais aucun de la bande, ni même RV. Mes parents divorcèrent. J'avais tout juste 18 ans. Je me suis retrouvée à devoir faire un choix que je ne voulais pas faire! J'ai donc pris la décision de partir avec mon petit copain. Celui du village voisin.
La maison de mes parents fut vendue. Depuis 1973, j'y venais et là je perdais une partie de ma vie. Encore. Encore une séparation des lieux. Une nouvelle fracture dans ma vie... quand cela cessera t-il ?




J'ai alors commencé une vie maritale, avec le garçon du village voisin. A 20 ans, en 1993 dans la Sarthe, je devenais maman. Mon fils avait les yeux gris-bleu et tant mieux ; car pas seulement bleus...








L'année d'après, je reviens à la Bergeonnerie. Je vais voir Tony. Nous allons à Grammont, notre collège ; puis prés de la voie de chemin de fer, « aux rails », face au lac de la Bergeonnerie. Nous passons devant le bâtiment de JL, il me semble me souvenir d'y être allée et ne pas avoir vu son nom sur la boite aux lettres... Cette année, là je ne perçois que peu de changement de notre quartier. Le plus notable ? La bande n'est plus postée sous le hall. Elle est d'ailleurs introuvable. Je m'y attendais, probablement.



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# Postato lunedì 08 dicembre 2008 10:03

Modificato lunedì 02 novembre 2009 07:22

1999

1999
N'étant pas mariée, je me suis séparée du père de mon fils,( le garçon du village voisin). Vie de couple tumultueuse pendant toutes ces années. Rien ne va plus... S'ensuivra du harcèlement moral pendant plusieurs années...par le biais de mon fils...cet homme n'accepta jamais que je puisse le quitter tout simplement. (même 10 ans après).





De longues et douloureuses procédures !







Tout au long de ces années, je vivais ma vie. Quelques expériences plus ou moins enrichissantes, plus ou moins malheureuses aussi...mais qui m'ont servi pour savoir ce que je souhaitais et ce que je ne voulais plus dans ma vie ! Sur le passé, je n'ai aucun regret.

Plus de dix ans ont passés. Cette fois, j'ai tenté « la famille » deux fois ; pas concluant du tout. Je me suis même marié : une fois. On fait des trucs parfois ; du genre se marier, pour se convaincre que l'on existe et que l'on fait partie de la normalité. Je l'ai écris : pas concluant. Mais je n'avais toujours pas quitté la Bergeonnerie. J'avais gardé l'appartement de mes parents ; puis en ai pris un autre plus petit. Celui-ci était dans une autre tour et en plus du coté du bois. Je ne voyais plus du tout le quartier et surtout, surtout... j'avais vu sur la Ouest. J'ai détesté cet appartement dés ma visite. Je voulais garder celui de mon enfance, mais la société immobilière ne l'entendait pas ainsi. Trop grand un F4 pour 2, alors ce fut un F3. Ma famille ayant fait partie intégrante de la Bergeonnerie, depuis ses débuts, j'ai apposé mes conditions : un appart au dernier étage et à la Bergeo. Ne pas accéder à ma demande, c'était... pas recommandé. En deux semaines, ce fut chose faite. Un mec était venu visiter MON appartement, mon fief, mon poste de garde, mon fort... On trouve le courage là où on doit et moi je me suis consolé en me disant que je restais dans ma résidence. C'était là l'important. Enfin, me voilà dans cet appartement avec vue sur les nases et en plus j'étais marié. Prison !
La bande était partie ; fragmentée, éparpillée. Les souvenirs étaient là, bien présents, malgré un changement de visage de la Bergeonnerie. Le centre commercial bougeait sans cesse : boulangerie, salon de coiffure, épicerie, changeaient de propriétaires presque tous les six mois. Il n'y avait plus aucune bande, ni même un groupe pour nous « succéder ». A part les nuls de nos époques qui se mettaient à sortir de temps à autres ; tels des planqués de guerres finies... Certains d'entre nous étaient partis pour plus loin : morts. D'autres ont été rejoins par cette vie : mariés, rangés; mais peu étaient restés sur nos « terres ». Aux mobylettes, ont succédées les voitures ; aux bastons ont succédées les apéros entre amis ; à la guerre entre les deux Bergeo à succédée une trêve presque fraternelle (pas pour moi ce dernier point). J'avais bien sûr senti tous ces changements au plus profond de moi-même. J'avoue les avoir observés sans tenter de renverser la vapeur, parce que je savais que le temps remplaçait tout.
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# Postato lunedì 08 dicembre 2008 12:43

Modificato giovedì 10 dicembre 2009 13:08